Le cyclisme féminin en effervescence au Québec

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Le vendredi 4 août – Le cyclisme féminin connaît une belle progression au Québec depuis 10 ans, plus particulièrement dans les catégories de développement (moins de 17 ans).

Le nombre de licenciées chez les adolescentes a connu une hausse de 61 pour cent au cours de cette période, tandis que chez les garçons, l’augmentation fut de 23 pour cent. Cette croissance a fait en sorte que les filles composent près du tiers des abonnés dans ce groupe d’âge.

‘De belles choses se passent en cyclisme féminin’, a déclaré le directeur technique de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Louis Barbeau.

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Comment expliquer ce phénomène?

‘Les succès de nos athlètes québécoises comme Joëlle Numainville, Clara Hughes, Karol-Ann Canuel et Lex Albrecht sur les scènes nationales et internationales sont une des façons de voir l’accroissement du cyclisme féminin, a ajouté Barbeau. La présence de l’équipe SAS-Macogep, qui a développé plusieurs cyclistes féminines au fil des années, a aussi grandement contribué à cet essor. Il y a aussi le travail des clubs de développement qui a eu un effet d’entraînement,’

Ce phénomène est facilement remarqué semaine après semaine aux Mardis cyclistes de Lachine, car pas moins de 83 jeunes filles ont participé depuis le début de la saison à l’une ou l’autre des étapes du populaire critérium dans les catégories minime, relève et coupe Féminine.

Cette croissance a amené la création de clubs exclusivement composés de jeunes filles. Outre SAS-Macogep, une nouvelle formation a vu le jour l’année dernière.

Les jumelles Véronik et Michèle Bastien ont créé Peppermint, une entreprise de vêtements de cyclisme destinée à toutes les femmes. De là, il n’y avait qu’un pas à franchir pour mettre sur pied un club de cyclisme.

Parmi les passionnées qui se sont regroupées pour former le club qui compte neuf cyclistes, dont huit Montréalaises et une cycliste de la ville de Québec, on retrouve Safia Généreux.

Les trois jeunes femmes ont pratiqué plusieurs sports avant de jeter leur dévolu sur le vélo. En cyclisme, elles ont participé à tous les genres de courses sur le circuit provincial, que ce soit le cyclocross, le vélo sur route, le vélo de montagne et même le vélo à pignon fixe.

‘On aime participer aux Mardis cyclistes de Lachine parce que c’est un défi chaque semaine. On apprécie aussi l’ambiance, car c’est l’un des seuls endroits où l’on retrouve toute la communauté du cyclisme de Montréal, a déclaré la volubile Généreux. On veut assurer une présence féminine aux Mardis et on espère qu’il y aura de plus en plus de filles qui participeront aux différentes étapes.’

Pour sa  part, Véronik aime bien la popularité – dans le sens le plus noble du terme -, des Mardis cyclistes de Lachine.

‘Il y a une place pour les filles comme nous aux Mardis, ce n’est pas seulement réservé à l’élite’, a-t-elle noté.

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Seule équipe féminine professionnelle au Canada

Quant à SAS-Macogep, la formation a été fondée par Gérard Penarroya en 2007 et ses objectifs sont plus compétitifs.

‘Je dirigeais des équipes masculines, mais des partenaires m’ont approché pour développer le cyclisme féminin, car il y avait peu de personnes qui investissaient pour elles’, a mentionné Penarroya.

Le travail du Français d’origine, établi au Québec depuis 42 ans, a porté ses fruits, car l’équipe a obtenu sa licence de l’UCI au printemps.

‘Ce qui nous a permis de participer à des courses à Valence en Espagne, en Tchécoslovaquie et à la mythique épreuve Liège-Bastogne-Liège, a fièrement déclaré le directeur technique de la seule équipe féminine professionnelle au Canada. Le cyclisme féminin québécois est en santé. Il y a plusieurs jeunes inscrites dans les catégories minime et cadette, mais on aurait besoin d’un meilleur support chez l’élite.’

La formation SAS-Macogep est internationale puisqu’elle compte six Canadiennes, quatre Françaises, une Américaine et une Costaricaine dans ses rangs.

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Dans les catégories Élite (junior et senior), environ 80 coureuses québécoises participent à des compétitions nationales et internationales.

Parmi elles, outre Numainville, Canuel et Albrecht, on retrouve Alizée Brien et Gabrielle Pilote-Fortin qui font partie de l’excellence.

Numainville, ex-championne canadienne sur route en 2010, a terminé en 12e place de la course en ligne aux Jeux olympiques de Londres deux ans plus tard.

Pour ce qui est de Canuel, son palmarès est éloquent. Elle a participé aux Jeux olympiques de Rio, elle est championne du monde du contre-la-montre par équipe au cours des trois dernières années. Elle a aussi été championne junior du Canada sur route et première du contre-la-montre aux derniers championnats canadiens disputés au printemps.

Elle poursuit sa carrière en Europe, car elle est membre de l’équipe professionnelle néerlandaise Boels Dolmans.

Toutes les deux représentent de beaux exemples pour les jeunes filles de la relève.

Et parmi ces jeunes qui seront à surveiller au cours des prochaines années, il y a Simone Boilard qui se démarque à sa première année junior.

Il ne faudrait pas oublier que la popularité croissante du vélo en général, tant chez les hommes que chez les femmes peut aussi expliquer la belle croissance du cyclisme féminin.