Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus

Hugues Lapointe, athlète le plus combatif jusqu'à maintenant. (Photos Robert Wilson)

Montréal, le lundi 8 août 2011 – Les meilleurs coureurs cyclistes de la province n’ont désormais plus que deux occasions de réaliser un coup d’éclat aux Mardis Cyclistes. La neuvième et avant-dernière étape de 34esaison de la classique lachinoise sera présentée ce 9 août.

Le calendrier 2011 aura permis aux amateurs de cyclisme d’en avoir plein la vue. Des coureurs de qualité, des échappées solides, des sprints de peloton massifs et des conclusions inattendues.

Lors de l’épreuve du 2 août, le champion en titre Jean-François Laroche (Fantino Mondello) a signé sa deuxième victoire de la saison. L’excellent David Veilleux (Europcar) a également remporté deux courses cette année. Rémi Pelletier-Roy (Garneau), Martin Gilbert (Spidertech), Jean-Samuel Deshaies (Rocky Mountain), ainsi que le Péruvien Miguel Agreda Rojas (Garneau) ont signé les autres victoires d’étapes jusqu’à maintenant.

Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus

En jetant un coup d’œil au classement général, on s’aperçoit que les Dominic Chalifoux (Trek-Bontrager), Mathieu Roy (Gaspésien), Jean-Michel Lachance (Rocky Mountain), Erik Lyman (Team Spirit) et Benjamin Martel (Team Spirit), des athlètes qui aspirent à remporter le championnat ou à terminer sur le podium final, n’ont toujours pas goûté à la victoire.

Le promoteur Tino Rossi, s’attend à voir de l’action lors de la neuvième tranche. « Plusieurs équipes et plusieurs athlètes n’ont pas de victoire d’étape en banque. Je m’attends à ce qu’il y ait du brasse-camarade », explique-t-il.

Plus combatif

Hugues Lapointe, représentant de la formation Nativo-Devinci, occupe pour sa part le 14e rang du classement général. Ce dernier a toutefois un objectif bien précis en tête, soit celui de garder possession du maillot noir Samson Groupe Conseil, remis à l’athlète le plus combatif, jusqu’à la conclusion de la saison.

Lapointe endosse ce maillot depuis déjà plusieurs semaines, ayant franchi 24 tours de piste en tête.

« On entend souvent parler du maillot jaune, mais le noir, c’est un maillot tout aussi prestigieux. L’athlète qui endosse cette couleur est une personne qui anime le spectacle et qui est de toutes les attaques », louange Tino Rossi.

Dominic Chalifoux, détenteur des maillots orange et rouge.

Révélation de l’année

Ces dernières années, plusieurs cyclistes ont éclos en participant aux critériums des Mardis Cyclistes. On n’a qu’à penser à Guillaume Boivin et Hugo Houle, qui ont été nommés révélation de l’année en 2008 et 2009.

Cette année, le choix sera difficile. « Ce sera difficile de choisir, car nous avons plusieurs candidats intéressants. Les athlètes ont encore deux courses pour se faire valoir », rappelle cependant M. Rossi.

Fait plus qu’intéressant, le titre de révélation de l’année 2011 pourrait être attribué à un coureur plus âgé. Dominic Chalifoux, 34 ans, s’est mis au vélo de route au début de la trentaine. Sa progression des dernières saisons a été incroyable, si bien qu’il a désormais deux maillots en sa possession, le maillot rouge Quilicot-Specialized (deuxième du classement général), ainsi que le maillot orange Assurances Morin (meilleur maître).

La neuvième et avant-dernière étape de la 34e saison des Mardis Cyclistes sera présentée ce mardi 9 août. Les courses de la relève sont présentées dès 17h30, tandis que le coup de départ de la course Pro-Élite sera lancé à 19h.

On peut assister gratuitement aux épreuves. La ligne de départ-arrivée est située sur la 10e Avenue, entre les rues Victoria et St-Antoine, dans l’arrondissement de Lachine. La grande finale sera présentée le 16 août.

Boivin, de retour dans le feu de l’action

Guillaume Boivin, lors de l'épreuve du 14 juin (Robert Wilson)

Le jeudi 4 août 2011 – Le recordman des Mardis Cyclistes, Guillaume Boivin, est de retour sur selle après une longue absence due à une blessure. Détenteur du record de vitesse de 58 minutes et 52 secondes (pour une vitesse moyenne de 50,9 km/h), Boivin nous entretient via son blogue sur ce retour sur les courses européennes.

Très heureux de retrouver mon équipe

Enfin! Je suis de retour à la compétition. J’ai rejoins mon équipe Spidertech C10 en Europe jeudi dernier et j’ai fait Dimanche, ma première course de l’année, et ce, au Sparkassen Giro en Allemagne. L’année dernière à cette classique, j’étais monté sur la deuxième marche du podium devant André Greipel.

J’avais de bonnes sensations dans les jambes. Ça s’est joué encore une fois au sprint final. J’étais bien satisfait de ma performance du jour après autant de mois d’absence de la compétition. J’ai terminé avec le même temps que le gagnant. Je n’ai pas été en mesure de me placer correctement pour faire le sprint de la victoire. Les bons réflexes vont me revenir au cours des prochaines semaines.

Il faut bien dire que j’ai trouvé ma période d’absence très longue et ennuyante. J’ai consacré tout mon temps à me remettre en bonne condition. Des mois et des mois de réadaptation et d’entraînement m’ont permis d’éliminer complète mes inflammations accumulées aux jambes et particulièrement aux genoux. Je dois avouer que j’ai appris énormément sur moi-même. Je peux vous assurer que j’ai appris à mieux me préparer physiquement pour entamer les compétitions en limitant les risques de blessures. C’était probablement un passage obligé pour moi dans l’apprentissage du métier en qualité de professionnel.

Avec tout cela, j’ai quand même raté plus de la moitié de la saison. Je me console en me disant qu’il reste à livrer de belles courses au mois d’août ici en Europe avec mon équipe Spidertech C10. Je planifie également de prendre part avec l’équipe Nationale du Canada au Tour de l’Avenir pour les moins de 23 ans en France. Le Tour de l’Avenir est en quelque sorte un Tour de France pour les jeunes de ma catégorie. Pour cette raison, je ne serai de l’équipe Spidertech 10 qui participera aux courses du Pro Tour à Montréal et à Québec en septembre prochain. J’ai eu l’honneur d’y participer l’année dernière et ce fût une superbe expérience. Cette année, je vais me consacrer entièrement à ma préparation pour les Championnats du monde U23 qui auront lieu au Danemark le vendredi 23 septembre.

Je n’ai pas donné grand signe de vie au cours des derniers mois… vous m’en excuserai. Ma priorité était de revenir à la compétition et ce fût beaucoup long que je ne le croyais. C’est avec grand bonheur que je retrouve mes coéquipiers de Spidertech C10.

Au cours des prochains jours, nous participerons à plusieurs compétitions:

Le Tour de l’Ain aura lieu du mardi 9 au samedi 13 août. Le Tour de l’Ain – la route du Progrès est une course professionnelle Internationale, inscrite au calendrier de l’UCI Europe Tour qui se déroule chaque été, deux semaines seulement après l’arrivée du Tour de France. L’épreuve propose aux coureurs, une alternance d’étapes de plaine, de moyenne montagne et de contre-la-montre à travers les différents secteurs du département de l’Ain (Bresse, Dombes, Bugey, Pays de Gex). Depuis 2010, 5 jours sont au programme de l’épreuve.

Nous joindrons ensuite le peloton du 44ème Tour du Limousin du 16 au 19 août, avec un départ au Champ de Juillet, comme c’est la tradition depuis de très nombreuses années. Cette 1ère étape sera, comme de coutume, la moins longue des 4. 165,9 km de course et 3 sprints. Les cyclistes s’affronteront notamment à Peyrat-le-Château (km 49). Le peloton entrera ensuite en Creuse où se durcira la course. Les coureurs passeront par Bourganeuf et Masbaraud-Mérignat (Patrie de Raymond POULIDOR) et c’est après Saint Vaury qu’ils devront se frotter au fameux Col du Maupuy (MG 1 – km 128 – 6,58 %). Le peloton passera ensuite en Forêt de Chabrières et la dernière côte (St Christophe – MG 3 – km 142 – 4%) sera un passage stratégique dans le cadre d’une victoire d’étape.

Nous poursuivrons notre route vers la Classique de l’Indre qui aura lieu le dimanche 21 août. L’épreuve comptant pour la coupe de France attirera un peloton aussi nombreux que talentueux.

Nous continuerons notre voyage en Belgique pour participer au 76ème G.P. Zottegem. Mon coéquipier Kevin Lacombe à remporté la 4ème position de cette classique l’année dernière. Nous avons bien l’intention de relever encore une fois le défi de cette grande classique dans l’histoire du cyclisme.

Nous compléterons notre mini-tournée en sol Belge en prenant le départ de courses d’un jour, celles d’Overijse et de Schaal Sels.

En préparation pour notre compétition de la semaine prochaine, nous nous sommes arrêtés à Chambéry en Savoie, France, sur un site tout à fait enchanteur.

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Laroche dompte le peloton et signe une deuxième victoire

Jean-François Laroche célèbre en grand. (Photos Robert Wilson)

Montréal, le mardi 2 août 2011 – C’était pratiquement écrit dans le ciel. Pour une des rares fois cette saison, une course des Mardis Cyclistes s’est terminée au sprint de peloton.

Sans surprise, Jean-François Laroche (Fantino Mondello – Cycles Régis) s’est révélé le meilleur du lot et a décroché une convaincante victoire lors de la huitième étape du calendrier.

Laroche a croisé la ligne d’arrivée en un temps de 1 heure 2 minutes 17 secondes, pour une vitesse moyenne de 48,1 km/h. Une fraction de seconde plus tard, Maxime Vives (Powerwatts) et Erik Lyman (Team Spirit Cannondale) ont croisé la ligne pour compléter le podium.

Maxime Vives a terminé 2e.

Le junior Félix Côté-Bouvette (Prud’homme-IGA) et le maître Dominic Chalifoux (Trek-Bontrager) ont terminé quatrième et cinquième. La formation Rocky Mountain, pourtant agressive tout au long de l’épreuve, n’a pu faire mieux qu’une sixième place grâce à son meneur, Jean-Michel Lachance.

Laroche, 31 ans, a admis que la course a été plus facile à gérer en l’absence de ses rivaux Mathieu Roy (gastro-entérite), Martin Gilbert et David Veilleux (partis courir en Europe). Cette deuxième victoire a mis fin à une série de trois résultats plus que décevants.

« Ça fait une différence quand des gars comme Martin ou David ne sont pas là. Cependant, mes coéquipiers ont fait un travail splendide aujourd’hui. Même s’ils (Gilbert et Veilleux) avaient été là, je ne crois pas qu’ils m’auraient battu au sprint », a lancé celui qui augmente son avance au sommet du classement général, après huit étapes sur dix.

Maxime Vives était ravi de sa deuxième position. « Terminer derrière Jean-François, c’est toujours bon. Il a cependant fallu jouer du coude à l’arrière, parce que tout le monde cherche à prendre sa roue. Quelques gars ont été remis à leur place », a-t-il indiqué avec sourire.

Erik Lyman était ravi de voir l’épreuve se terminer au sprint, plutôt qu’en échappée, comme ce fut souvent le cas cette saison. Les sprinters ont eu l’occasion de parler. « C’était écrit dans le ciel que ça allait se terminer au sprint de peloton. Pour ma part, je suis bien content de monter sur le podium. Les Fantino ont bien travaillé et Laroche a réalisé un très bon sprint », a résumé le vétéran de 38 ans.

Erik Lyman, 3e.

Au classement général, Dominic Chalifoux grimpe au deuxième rang, Jean-Michel Lachance au cinquième, tandis que Lyman se pointe dorénavant en septième position.

La neuvième étape du calendrier sera présentée le mardi 9 août, tandis que la grande finale aura lieu le mardi 16 août.

Courses de la relève

Du côté de la relève, Marc-Antoine Soucy (D’Amos) a remporté la course des jeunes. Shawn Turcotte (Prud’Homme IGA) n’a pu faire mieux qu’une quatrième place, mais conserve son maillot jaune de leader.

Chez les femmes, Elisabeth Albert (Rocky Mountain) a remporté cette huitième étape et s’empare de la tête du classement général.

Les frères Charles et Antoine Côté (Vélo Club Longueuil) ont signé le doublé chez les minimes. Troisième, Édouard Laparé-Morin (Espoirs Laval) garde toutefois son maillot jaune.

Finalement, l’inébranlable Melyssa Fortin (Vélo Club Longueuil) a signé une nouvelle victoire chez les minimes femmes. Elle augmente ainsi son avance au cumulatif.

Le dernier droit de la saison sans Gilbert et Veilleux

Hugues Lapointe, athlète le plus combatif jusqu'à maintenant. (Robert Wilson)

Montréal, le lundi 1er août 2011 – Il ne reste peut-être que trois critériums à disputer à la saison 2011 des Mardis Cyclistes de Lachine, mais plusieurs athlètes peuvent toujours aspirer aux grands honneurs.

Après sept tranches sur dix, c’est le Montréalais Jean-François Laroche (Fantino Mondello – Cycles Régis) qui figure au sommet du classement général avec une récolte de 531 points.

Alors que jusqu’à 150 points peuvent être amassés en une seule course, on peut dire que son avance de 94 points sur Mathieu Roy (Gaspésien) est loin d’être insurmontable. Afin d’ajouter au suspense, les points seront doublés lors de la grande finale du mardi 16 août prochain.

Avec les départs pour l’Europe de Martin Gilbert (Spidertech), troisième au cumulatif, et David Veilleux (Europcar), quatrième du classement général, plusieurs autres peuvent toujours prétendre au championnat ou à une place sur le podium final de la Coupe Pro-Élite.

Les Dominic Chalifoux (Trek-Bontrager), Jean-Michel Lachance (Rocky Mountain), Pierrick Naud (Rocky Mountain) et Benjamin Martel (Team Spirit) ont amassé de précieux points en début de saison et se retrouvent dorénavant en excellente position pour grimper au cumulatif.

Dans le clan Laroche, on vise bien entendu un quatrième championnat et un deuxième sacre consécutif. La formation Fantino Mondello a cependant connu des ratés dernièrement. Leur meneur est certes allé chercher une victoire lors de la troisième étape du calendrier, mais n’a cependant pu faire mieux qu’une septième position lors des trois dernières épreuves.

« Je ne crois pas que Jean-François Laroche et les membres de son équipe sont satisfaits de leurs performances. Ils ont connu des ratés, mais heureusement pour eux, deux grosses pointures (Gilbert et Veilleux) doivent aller courir en Europe pendant tout le mois d’août. Ils ne lui laissent pas le championnat sur un plateau d’argent, mais Laroche pourra certainement respirer un peu plus facilement qu’en leur présence », soutient le promoteur Tino Rossi.

Pour ce qui est des autres enjeux, c’est Hugues Lapointe (Nativo Devinci) qui détient actuellement le maillot noir Samson de l’athlète le plus combatif. Dominic Chalifoux est le meilleur maître (maillot orange Morin), tandis que Simon-Pierre Gauthier (Espoirs Quilicot) est le meilleur jeune (maillot blanc Saputo).

Le Tour vu de Montréal

David Veilleux portait le maillot vert Desjardins jusqu'à tout récemment. (Robert Wilson)

Le jeudi 28 juillet 2011 – L’organisation des Mardis vous invite à nouveau à lire la plume du journaliste sportif Simon Drouin, de La Presse. M. Drouin s’est entretenu avec David Veilleux (4e au classement général des Mardis), membre de la formation Europcar. Bonne lecture!

Le Tour vu de Montréal

David Veilleux n’est pas du genre à regarder l’intégrale d’une étape du Tour de France devant son téléviseur. Mais ce n’est pas parce qu’il est incapable de se voir dans la publicité de son commanditaire Louis Garneau…

Quand le thermomètre frôle les 35 degrés et qu’une sortie de cinq heures est au programme, le cycliste professionnel préfère éviter la canicule de mi-journée. Mais comme bien du monde, vendredi dernier, il était sur le bout de son siège pour suivre l’étape décisive de l’Alpe d’Huez.

Ça se comprend: Thomas Voeckler et Pierre Rolland, deux des acteurs principaux de cette montée, sont ses coéquipiers dans l’équipe française Europcar. Pendant que le premier faisait tout pour conserver son maillot jaune, le second causait la surprise et s’envolait vers une spectaculaire victoire d’étape.

Veilleux ne s’en cache pas, il a été renversé par la folle chevauchée de Voeckler et le triomphe du maillot blanc Rolland, un coureur de son âge qu’on lui avait présenté comme un grand espoir français du cyclisme. «Oui, il était bon, mais je n’ai jamais été impressionné par lui, a mentionné Veilleux devant un cappuccino, hier matin. Dans un peloton, c’est un coureur un peu nerveux, craintif. Il n’aime pas aller se bagarrer devant. Mais si tu l’amènes dans un groupe de 15-20, exactement comme dans l’Alpe d’Huez, au pied d’une longue ascension, c’est parfait pour lui. Sa force, ce sont les cols comme ça. En saison, il n’a pas beaucoup de chances de le faire.»

En Europe

Après un séjour de presque deux mois à Montréal, Veilleux repart outre-Atlantique dimanche. Premier arrêt: le Tour du Danemark (3 au 7 août), avant de rentrer aux Essarts, en Vendée, chef-lieu d’Europcar. Ce sera l’occasion de renouer avec ses coéquipiers qui ont volé la vedette sur le Tour. Et de discuter contrat pour l’an prochain. À titre de néo-pro, Veilleux croyait, à tort, être automatiquement lié pour deux ans à son nouvel employeur. Or, il appert que cette clause est réservée aux coureurs de moins de 23 ans.

Thomas Voeckler (Europcar)

Qu’importe, le jeune homme de Cap-Rouge n’entrevoit «pas de problème pour l’an prochain» et souhaite revenir avec Europcar. Le groupe ne compte «pas vraiment de stars» et donne à chaque coureur l’occasion de s’exprimer, fut-il vert sur le circuit européen. Veilleux en veut pour preuve sa participation presque inespérée au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix, où il s’est faufilé dans l’échappée du jour avant de finir 25e.

Rompu aux courses nord-américaines, plus courtes et tactiquement très différentes, Veilleux s’est bien adapté aux classiques européennes, où il faut courir toute la journée à l’avant, faute de quoi c’est l’élimination presque assurée. Ça n’a pas été évident au début. Il se souvient de cette première épreuve en Belgique, où il n’a «rien vu aller». «Sincèrement, je ne savais pas dans quoi je m’étais embarqué…»

Il a aussi fallu gagner le respect d’équipiers qui ne le connaissaient pas. Ainsi, au E3 Prijs Vlaanderen, Voeckler ne l’a pas suivi quand il a essayé de le remonter sur une section délicate. Après la course, le Français lui a avoué qu’il avait hésité, car il ne lui faisait pas totalement confiance.

Voeckler

Veilleux n’a que de bons mots pour Voeckler, avec qui il a partagé une chambre pendant quelques jours sur une course belge au printemps. Ses 10 jours en jaune ne risquent pas de le changer. «Il (Voeckler) est super sympathique, vraiment drôle, dit-il. Quand il arrive à la table pour le dîner, tout le monde rit parce qu’il est toujours à faire des niaiseries. Il est facile d’accès, pas prétentieux, super humble. Il ne se prend pas pour un autre.»

Comme tout le monde, Veilleux ne croyait jamais que Voeckler, loin d’être un «pur grimpeur à la Schleck ou Contador», résisterait si longtemps en jaune. «Je me disais qu’il allait coincer dans les longues ascensions en altitude, mais finalement, il était plutôt à l’aise.»

Qui sait si Voeckler, quatrième sur les Champs-Élysées, ne serait pas monté sur le podium final sans cette vaine chasse jusqu’au-boutiste avant l’Alpe d’Huez. Veilleux ne se gêne pas pour dire qu’il s’agissait là, «clairement, d’une erreur stratégique». «Thomas a son orgueil. Dans sa tête, ç’aurait été abandonner (de se laisser glisser jusqu’au peloton). Ç’aurait été la job du directeur de lui dire de retourner en arrière.»

À titre de recrue, étrangère de surcroît, Veilleux ne s’attendait évidemment pas à être repêché pour la Grande Boucle. Ce qui ne l’a pas empêché de tâter le terrain et de penser, a posteriori, qu’il aurait pu bien y figurer.

«Quand je regarde les coureurs qui étaient là cette année, je pense que j’aurais eu ma place, dit-il sans prétention. En plus, je suis un bon coureur pour faire le tempo, m’occuper d’un leader, des trucs comme ça. J’ai un bon contre-la-montre, je suis endurant. Passer des heures à l’avant du peloton, c’est un travail qui me va bien. C’est sûr que pour ce Tour-là, j’aurais été bien.»

Qui sait si l’an prochain, Veilleux ne sera pas aux premières loges. En attendant, il reviendra au pays à la fin août pour le Grand Prix WorldTour de Québec, son grand objectif de fin de saison.

Vous pouvez également lire la version directement sur Cyberpresse.

7e étape : Miguel Agreda Rojas règne sur Lachine

Miguel Agreda Royas a signé une victoire spectaculaire (Photos Robert Wilson)

Montréal, le mardi 26 juillet – Le Péruvien Miguel Agreda Rojas (Garneau) a remporté de manière spectaculaire la septième étape de la saison 2011 des Mardis Cyclistes.

L’athlète de 34 ans faisait partie d’un groupe de dix coureurs partis en échappée au 27e tour, sur un total de 31. À quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée, le Péruvien a mis la machine en marche et a distancé ses opposants de façon convaincante.

Rojas a complété l’épreuve en un temps de 1 heure 0 minute et 44 secondes, pour une vitesse moyenne de 49,3 km/h. « Je n’en reviens tout simplement pas », a-t-il laissé tomber après sa victoire, sa première en carrière aux Mardis Cyclistes.

« J’ai attaqué dans l’avant-dernière ligne droite. Lorsque j’ai vu que j’avais créé un trou, j’ai fermé les yeux et j’ai tout donné. Je suis surpris d’avoir réussi, mais je suis également vraiment content », a-t-il indiqué dans un français impeccable, lui qui réside au Québec depuis près d’une dizaine d’années.

Pour le natif de Lima, il s’agissait non seulement d’un grand triomphe sur le plan personnel, mais également de toute une victoire pour l’équipe Garneau. Les trois « roses » ont eu le dessus sur les quatre représentants de la formation Rocky Mountain, qui faisaient également partie de l’échappée.

Jean-Michel Lachance et les Rocky Mountain ont complété le podium

Malgré leur présence sur le podium, Jordan Brochu et Jean-Michel Lachance avaient donc la mine bien basse.

« Il y a eu un malentendu. J’ai été le seul à prendre la roue de Rojas quand il a lancé son attaque. Je venais tout juste de prendre un relais… Disons qu’avec quatre gars, on aurait dû aller chercher la victoire », a déploré Brochu.

« Ce n’est pas un bon résultat », a laissé tomber Lachance.

L’autre grand gagnant de la soirée est certainement Mathieu Roy (Gaspésien). Grâce à sa cinquième position, ce dernier passe du quatrième au deuxième rang du classement général. Jean-François Laroche (Fantino Mondello) voit de son côté son avance fondre, tandis que Martin Gilbert (Spidertech) et David Veilleux (Europcar) glissent d’un rang avec encore trois courses à disputer cet été.

Courses de la relève

Du côté des jeunes, Olivier Brisebois (Cycles Bernard Hynault) s’est permis une victoire face à son rival et détenteur du maillot jaune, Shawn Turcotte (Prud’Homme IGA).

Chez les femmes, Véronique Drapeau-Zgoralski (Juvederm-Specialized) a signé un nouveau gain. Cependant, celle-ci ne détient que 16 petits points d’avance sur la championne en titre, Elisabeth Albert (Rocky Mountain).

Finalement, Antoine Côté (Vélo club Longueuil) a remporté la course des minimes devant Édouard Laparé-Morin (Espoirs Laval), qui demeure au premier rang du cumulatif de cette catégorie.

Même scénario du côté féminin alors que Keltie Campbell (Cuisses d’or) a remporté l’étape face à Melyssa Fortin, qui est toujours en jaune.

Les Mardis ont eu la chance d’accueillir Cadel Evans

Cadel Evans (Photo BMC Racing)

Montréal, le lundi 25 juillet – L’Australien Cadel Evans (Team BMC Racing) a réalisé tout un tour de force en remportant, dimanche, la 98e édition du prestigieux Tour de France. Les fins connaisseurs se rappelleront de la participation de celui-ci à un critérium des Mardis Cyclistes de Lachine, en 2001.

C’est le directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), Louis Barbeau, qui avait rappelé l’événement, lors du lancement de la saison 2011 des Mardis.

« Les Mardis Cyclistes de Lachine se sont bâti une réputation solide et enviable, qui traverse les frontières du Québec. Plusieurs athlètes de l’extérieur sont venus participer aux épreuves des Mardis. Il y a quelques années, l’Australien Cadel Evans avait participé à une étape dans le plus grand anonymat et sans promotion médiatique », explique M. Barbeau.

À cette époque, il faut dire que le nom de Cadel Evans était moins connu à travers le monde. L’Australien venait tout juste de faire le saut du vélo de montagne au vélo de route. Ce changement de discipline s’est avéré positif, c’est le moins que l’on puisse dire.

L’athlète de 34 ans a été sacré champion du monde en 2009 et a terminé au deuxième rang de la Grande Boucle en 2007 et en 2008. En 2011, c’est la grande consécration, Evans remporte le Tour de France de façon spectaculaire devant le Luxembourgeois Andy Schleck (Trek Leopard).

Le promoteur cycliste Tino Rossi est ravi de la performance de l’Australien au dernier Tour de France. Celui qui dirige les Mardis depuis maintenant 34 ans et qui a été maître de piste lors des Jeux olympiques de 1976 s’est dit impressionné par la hargne et l’acharnement de Cadel Evans.

« On dit souvent qu’en cyclisme, la souffrance est synonyme de victoire. Ceux qui ont regardé la conclusion du Tour de France savent que Cadel Evans en a souffert un coup. Evans a tout laissé sur la route, et au final, c’était lui le meilleur. Celui-ci avait déjà un palmarès impressionnant, mais cette victoire au Tour de France, c’est la consécration. En tant que promoteur cycliste, je me sens privilégié d’avoir eu la chance d’accueillir un coureur de cette trempe, un champion du monde et un champion du Tour de France, dans mon patelin, à Lachine », a souligné M. Rossi.

David Veilleux (Europcar), a remporté deux étapes des Mardis jusqu'à maintenant (Robert Wilson)

La septième de dix étapes de la saison 2011 des Mardis Cyclistes sera présentée ce mardi 26 juillet. Jean-François Laroche (Fantino Mondello – Cycles Régis), Martin Gilbert (Spidertech) et David Veilleux (Europcar), coéquipier de Thomas Voeckler, voudront certainement profiter des quatre dernières épreuves du calendrier pour consolider leur position au sommet du classement général.

Les gens peuvent assister gratuitement aux épreuves. Les courses de la relève sont présentées dès 17h30, tandis que le départ de la course Pro-Élite sera effectué à 19h.

La ligne de départ/arrivée est située sur la 10e Avenue, entre les rues Victoria et St-Antoine, dans l’arrondissement Lachine.